Pas facile de concilier vie professionnelle et vie de couple quand on est freelance à la maison

On est nombreux à rêver de ça : travailler à la maison, en caleçon, avec un album de Philippe Katerine à fond de balle pour fond sonore. Organiser ses journées comme le veut, se sentir relativement libre par rapport aux open space des bureaux de la Défense… certains ont franchis le pas, j’en fais partie, mais quand on commence à travailler à la maison, on n’imagine sans doute pas un seul instant les conflits potentiels que l’on va devoir gérer au sein même de sa petite famille.

Retour d’expérience, ça sent le vécu

Le télétravail, je connais. J’en faisais déjà lorsque j’étais salarié (et célibataire). Rien de mieux que de pouvoir bosser de chez soit quand on a des tonnes de projets en cours, et qu’on a 2 heures de route aller retour à se taper pour aller au bureau, ça sans compter la vie de tous les jours, les enfants  principalement, qui monopolisent du temps. Retour de bâton, on ne voit pas forcément le temps passer et on peut se sentir un peu coupable de travailler en slip tandis que ses collègues sont au bureau… du coup on a tendance à travailler beaucoup plus, parfois jusque tard dans la nuit.

Tout ça, c’est bien joli quand on est célibataire, mais lorsque l’on vit en couple, ca devient nettement plus compliqué.

T’aurais pu lancer la machine, et étendre le linge, et faire les carreaux, et passer un coup par terre, et préparer le repas, et…

A une certaine époque, travailler sur un ordinateur, ce n’était pas considéré comme du travail effectif. Les gens supposaient qu’on pouvait facilement être dérangés et qu’il n’y avait aucun effort de concentration devant un écran. C’était bien entendu faux, et les mentalités évoluent petit à petit. Désormais, le problème, c’est de faire comprendre qu’une journée de travail, qu’elle soit à la maison ou au bureau, ne permet pas de gérer les tâches ménagères ou l’intendance.

Certaines compagnes / compagnons le comprennent facilement, c’est sans doute une histoire de profession. D’autres ont beaucoup plus de mal à concevoir que ce n’est pas parce qu’on travaille en porte jartelles à la maison qu’on a nécessairement le temps de faire la soubrette.

Freelance multitasks, uber switcher de compétences, acrobate de la gestion des urgences, et plus si affinités

La journée d’un freelance, shématiquement parlant, c’est d’une part de la prospection, des tâches administratives, de la relation clients et un peu de travail tout court quand c’est possible. On peut ajouter également les projets connexes lorsqu’il y en a, et il y en a souvent.

Si, à la fin d’une journée de bureau de 8h, on a pas trop à se soucier de certains aspects que l’on pourra finaliser le lendemain avec l’aide de ses collègues, les métiers en freelance sont, eux, gourmands en temps, et les tâches doivent être accomplies le plus rapidement possible sous peine d’être rapidement submergé. Pas de collègues sur qui compter en cas de rush, c’est autant de boulot à abattre soit même.

On ne va pas s’en plaindre, plein de boulot, c’est une affaire qui marche. Indépendamment de ça, il y a le stresse quotidiennement qu’il faut savoir gérer – comme tout entrepreneur, notamment lorsque l’on essaie de se projeter dans l’avenir, qu’il soit court ou plus lointain.

Ajouter le stresse d’une relation tendue avec sa meilleure moitié à cause d’une incompréhension mutuelle, ça devient rapidement explosif.

Communiquer et comprendre (enfin, essayer)

La communication dans un couple, c’est essentiel, pour tout, et peut être encore plus lorsque l’on est freelance. Partager ses angoisses, ses questions existentielles, ses journées de travail, c’est un excellent moyen de faire prendre conscience à l’autre qu’on a du boulot, et qu’on ne peut pas se disperser partout à la fois. Parfois ça marche, parfois ça ne suffit pas.

Il faut au moins essayer de se mettre à la place de son conjoint ou de son concubin : Il / elle se tape parfois un boulot purement alimentaire dans une ambiance pas terrible.

C’est donc aussi un petit esprit de jalousie qui peut créer des tensions. Certain(e)s se font des films et nous imaginent en train de siroter des Cuba Libre sur la terrasse pendant qu’ils/elles se farcissent un patron qui se prend pour Napoleon.

Si on montrait à nos conjoints ce qu’on a fait dans la journée ? Si on le faisait participer activement à notre expérience de freelance ?

Séparation travail / vie de famille, ça doit être possible. Ou pas.

Parfois, on n’a pas le choix, le bureau est planté en plein milieu du salon, et on se retrouve donc à finaliser une maquette, faire un devis de dernière minute pendant que Madame ou Monsieur regarde la télé en se disant que le dialogue à disparu à jamais de la relation du couple.

Lorsque l’on a la possibilité de le faire, il ne faut surtout pas hésiter à se créer un bureau complètement séparé des lieux de vie. D’une part parce que ça délimite parfaitement votre environnement de travail et limite les distractions, mais aussi et surtout parce la tentation est grande, lorsque le pc est situé dans les pièces communes, de checker ses mails toutes les 5 minutes, de bricoler rapidement un PSD, de finaliser un article… ce qui peut être très mal perçu de la part de votre conjoint, et on peut le comprendre.

Pas question de vous installer dans les toilettes, mais envisagez fortement d’installer votre environnement de travail là où il y aura de le moins d’impact sur votre vie quotidienne.

Louer un bureau ?

Si vos finances le permettent, il y a toujours la solution de louer un bureau. Qu’il s’agisse d’une location auprès d’un bailleur classique, ou d’une location d’un bureau dans une pépinière d’entreprise, vous n’êtes pas obligé de louer un hangard. En dehors des problèmes dans le cercle familial, le fait de louer un bureau permet également de recevoir des clients, partenaires, fournisseurs beaucoup plus facilement.

Mais, non, dans ce cas, vous ne pourrez plus bosser en slip.

So ?

Si rien n’y fait, il va falloir songer très fortement à vous remettre en question :

  • Souhaitez vous vous épanouir professionnellement au détriment de votre vie privée ?
  • Souhaitez vous être heureux dans votre vie privée au risque de revoir vos ambitions professionnelle à la baisse ?
  • Etes vous fait pour être freelance ? Tous les éléments sont ils réunis pour que ce soit le cas ?

Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre, c’est certain, mais ça rejoint, au final, la quête de tout à chacun : celle du bonheur.

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Quelques mots sur l'auteur

Je m'appelle Grégory BABONAUX, je suis concepteur développeur web indépendant en Normandie (Dans un axe plus ou moins approximatif situé entre Caen, Rouen, Evreux et Paris). Plus d'informations me concernant sur mon site : www.gregorybabonaux.fr ou sur mon portfolio : www.behance.net/gregorybabonaux


Commentaires

RemiB - 8 octobre 2010

Trouver un espace de coworking !

Pierre - 10 octobre 2010

quand j’ai décidé de passer freelance, j’ai fait le calcul que le temps gagné sur les déplacements du matin pour me rendre à feu mon bureau servirait à compenser l’allongement des journées de travail : je travaille un peu plus, mais j’ai aussi deux heures de plus. Car une journée de boulot reste une journée de boulot. C’est plus facile à dire qu’à faire, mais faire « comme si on était au bureau » et éteindre la lumière à heure fixe tous les soirs pour vaquer à des occupations plus… ménagères me semble une bonne méthode. Enfin, j’y arrive presque.

Marie - 10 octobre 2010

Excellent billet qui sent le vêcu et dans lequel je me retrouve beaucoup. Et pour cause, je travaille en indépendant à domicile depuis plusieurs années (8 ans) et, difficulté supplémentaire, mon homme travaille aussi à domicile ;)
J’ai écrit un billet sur l’organisation du travail à domicile d’ailleurs : http://www.pink-seo.com/blog/travailler-a-domicile-553

olivier - 10 octobre 2010

Oui, oui, c’est très juste. Travailler chez soi n’est pas du tout simple. A la fois en terme d’organisation comme le décrit fort bien l’article mais également en terme de prospection commerciale. Après 8 années à la maison et un nombre de clients qui se réduisait dangereusement, j’ai rebondi en prenant un bureau dans une pépinière d’entreprises. J’ai eu l’impression de retrouver une efficacité perdue à la maison (on a toujours le temps) !! Sans parler des clients potentiel à portée de bureau… Je vous le conseille !

Vêtements bébé - 12 octobre 2010

Etablir un contrat/planning de travail avec des horaires pour le boulot et d’autres pour la famille, sans y déroger.

Eteindre l’ordinateur pour éviter toute « tentation »…

Bon courage à tous !

Christophe de l'agence CCD Design - 23 octobre 2010

Je comprend parfaitement la situation car j’ai travaillé ainsi de 2002 à 2008. Le plus difficile en ce qui me concerne n’était pas avec ma conjointe mais plutôt avec les amis ou la famille qui se donnaient le droit de passer à tout moment de la journée puisque « tu bosses à la maison, c’est pas grave, tu feras du rab ce soir ».

En 2008 j’ai déménagé dans une nouvelle maison qui a l’avantage d’avoir une partie indépendante. J’en ai profité pour aménager toute cette dépendance en agence web et prendre un peu d’ampleur niveau business.

Une agence web à la campagne, le pied ! Bon, pour trouver des clients prêts à se déplacer en dehors de Paris quand on est en Île-de-France, c’est plus difficile. Mais la qualité de vie est bien meilleure.

Je cherche d’ailleurs actuellement un stagiaire webdesigner dans le sud du 77. A bon entendeur ;)

A vous de jouer

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