Des CMS pour se lancer dans l’e-commerce
Le web a connu un grand bon en avant dans la vente de produits en ligne ces dernières années. La démocratisation d’Internet y est pour beaucoup, mais ce n’est pas la seule explication. La création d’une boutique en ligne est devenue, à bien des égards, beaucoup plus simple qu’il y a 5 ans, des outils comme Prestashop permettent de se lancer dans l’aventure en quelques clics (ok, un bon gros paquet de clics quand même), les hébergeurs ont également joué un rôle important en proposant des offres mutualisées qui, au moins pour commencer, permettent de lancer une activité lucrative sur le net.
Petite promenade autour des principaux services de création de boutique en ligne gratuits. On fera également un point sur les hébergements et l’arnaque du moment. Musique Charlie.
Le libre a fait ses preuves
Si les solutions payantes ont eu la côte il y a plusieurs années, c’était surtout à cause du manque d’alternative du côté du libre qui, il faut bien le dire, a pris du temps pour comprendre que Monsieur Chameau avait vraiment envie de vendre ses panses de Dromadaire sur Internet. C’est désormais corrigé, et les solutions « gratuites » portées par des communautés dynamiques ont renversées la tendance rapidement.
Solutions gratuites, d’accord, mais la question qu’on est en droit de se poser lorsque l’on est en pleine phase de réflexion sur la solution à retenir, c’est bien évidemment de savoir si la fiabilité et le support vont être au rendez-vous. Rassurez-vous, pas de crainte à avoir, la plus grande majorité des problèmes que vous pourriez rencontrer ont déjà été subis par d’autres, et vous pouvez souvent compter sur votre prochain pour vous enlever une aiguille du pied.
Toutefois, il faut bien manger, et ces solutions ne sont pas toujours intégralement gratuites, on le verra avec Prestashop ou Magento.
Quelle application e-commerce ?
Un acteur a dominé le marché de l’Open Source jusqu’à pas si longtemps : OsCommerce était en effet quasiment la seule solution fiable et relativement simple à intégrer, bénéficiant d’une équipe de développement suffisamment réactive pour rassurer les entrepreneurs. Depuis, d’autres solutions comme Prestashop offrent une alternative réelle dans ce petit monde du e-commerce.
OsCommerce

Son petit nom, dans le milieu, est « usine à gaz« . Son installation est simple mais son intégration, sa configuration et sa prise en main peuvent devenir épiques. Pourtant pendant longtemps, OsCommerce a eu la côte auprès des commerçants en ligne… pour la bonne et simple raison qu’il était quasiment le seul à proposer une application e-commerce open source.
La communauté autour d’OsCommerce s’est scindée et des équipes de développement ont poursuivis leur travail de leur côté pour proposer leur propre vision basée sur le moteur d’OsCommerce. On a ainsi vu naitre des versions épurées, ou encore d’autres plus complètes contenant directement les meilleurs plugins OsCommerce. Globalement, on peut considérer que ces alternatives ont générées un fort ralentissement sur le développement du moteur…
la devteam d’OsCommerce a fait des efforts pour rendre la V3 d’OsCommerce plus sexy… le soucis c’est que la version 3 actuelle est en alpha… depuis Mars 2009. Cela n’empêche pas OsCommerce d’être intéressant, mais on préfèrera, par sécurité, l’utilisation d’une V2 qui a, certes, aujourd’hui plus de deux ans et demi, mais qui reste assez répandue et bénéficie toujours d’une communauté active.
Le nombre de boutiques qui tournent sur OsCommerce serait supérieur à 12000. C’est un chiffre difficilement vérifiable et qui me parait quelque peu démesuré. Cela dit des références comme Google ou Mandriva utilisent OsCommerce pour leurs parties store, ce qui est tout de même un gage de qualité.
Prestashop
Plutôt récent dans ce monde de brutes, Prestashop est une réelle alternative à OsCommerce. L’application a été développée en prenant en compte les besoins de theming des utilisateurs. Ce qui fait de Prestashop une application e-commerce facilement modifiable en terme de design via les templatesSmarty. Il intègre également, nativement, l’optimisation pour les moteurs de recherche (SEO), ce qui est bien évidemment vital de nos jours pour essayer de sortir dans le fameux top ten des résultats des moteurs de recherche.
Sa facilité d’installation, de configuration et d’utilisation me font un peu penser à WordPress. Tout est suffisamment intuitif et, quand on sèche sur quelque chose, on peut compter sur une communauté hyper active et plutôt accueillante, car le gros point fort pour nous, les franchouillards, c’est que la devteam est française, ce qui devrait rassurer les moins anglophones des entrepreneurs.
Le backoffice est un modèle du genre, de la gestion des articles à la gestion des commandes, tout est pensé pour que Monsieur Chameau vende ses panses de dromadaire avec le plus d’efficacité et de simplicité possible. Vous pouvez même gérer partiellement les envois ou encore générer des statistiques.
Ce serait presque parfait s’il n’y avait pas un problème, important selon moi : la gratuité s’arrête presque à la version de base, qui peut rapidement limiter les utilisateurs à des fonctions, certes très bien pensées, mais dont on sent qu’elles n’ont pas été poussées à fond pour ne pas entrer en concurrence direct avec le PrestaStore.
Ainsi, pour afficher un slideshow, il vous faudra débourser 46€, pour ajouter des actualités, comptez plus de 50€. La facture peut monter rapidement, et c’est sans compter sur la brique la plus importante : le module de paiement en lui même. Le module FIA-NET, par exemple, est facturé 300€.
Tout cela reste tout de même hyper compétitif si on compare les tarifs des modules à un site clé en main réalisé par un professionnel, mais la notion de gratuité à laquelle on adosse des modules payants peut déranger.
Il n’empêche que Prestashop est un produit stable, bien documenté, bénéficiant d’un feedback utilisateur important, et ce n’est pas pour rien que 40 000 boutiques en lignes font appel à Prestashop (même si, là encore, c’est très difficile de le vérifier).
Pour résumer, si OsCommerce sent la naphtaline, Prestashop sent bon la nivéa baby et le web 2.0.
Pour quoi je ne parlerai pas de Magento
Magento a fait un choix, celui de survivre économiquement parlant, ce qui est compréhensible dans ce monde capitaliste par excellence. Malheureusement, cela a un impact important sur les versions proposés aux utilisateurs : seule une version amputée des fonctionnalités les plus importantes est proposée gratuitement. Pour pouvoir utiliser Magento de façon efficace, avec un minimum de fonctions, il vous faudra débourser une somme qui peut rapidement devenir importante (à partir de 2500€ / an, et ça peut monter beaucoup plus haut). En l’état, donc, la version de base de Magento ne sert pas à grand chose, du moins par pour un utilisateur final.
La version communautaire de Magento est essentiellement utilisées par les professionnels, qui développent leurs propres modules sur la base du moteur en fonction des besoins spécifiques de leurs clients.
Et WordPress ?
WordPress est un excellent CMS, suffisamment modulaire pour le détourner de ses fonctionnalités historiques d’édition de blog. On peut en faire tout et n’importe quoi, alors pourquoi pas un site e-commerce ?
Des plugins existent pour étendre les fonctionnalités de WordPress, notamment eShop et WP e-Commerce qui reproduisent un environnement de travail complet au sein du backoffice de WordPress. Le réel intérêt de ces plugins, c’est de profiter d’un CMS bien rodé, extensible et sécurisé, et de pouvoir envisager la mise en place d’un blog ou d’autres fonctionnalités connexes au sein de la boutique.
Dans les deux cas, l’installation est à la portée de tous. eShop est un poil plus facile à utiliser que Wp e-Commerce, mais finalement, les deux représentent une excellente alternative aux solutions dédiés du marché.
On peut donc envisager de créer sa boutique avec WordPress, mais il faut tout de même être très prudent quant au support des plugins par le/les développeurs et à la communauté des utilisateurs.
L’hébergement ?
Les hébergeurs web sont nombreux et proposent tous des solutions différentes, on voit toutefois de plus en plus apparaitre une rationalisation des solutions d’hébergement mutualisés, dédiés aux boutiques en ligne. OVH propose par exemple d’installer automatiquement OsCommerce ou Prestashop avec leurs offres mutualisées, auxquelles sont intégrées des solutions de paiement sécurisé.
Vu la très forte concurrence qui sévit, peut être plus sur le net qu’ailleurs, les offres mutualisées sont une bonne façon de se lancer, même si elles ne peuvent être que temporaire, le temps de tester son idée et de passer à une solution plus professionnelle, notamment en faisant le choix de prendre un serveur dédié pour des questions de performances ou encore de bande passante, et surtout de laisser la gestion de ses serveurs web à un professionnel.
Comptez entre 200 et 400€ par an pour un hébergement mutualisé correct. Faites attention aux limitations de trafic par mois, inhérents à ce type d’hébergement. Plus il y a de To, mieux c’est.
Gandi ou OVH, pour commencer, ne représentent pas un mauvais choix. Pour des solutions plus professionnelles, pourquoi ne pas contactez les gens de chez Hooste.com ?
Tout compris à xxx€ / mois : La grosse arnaque
Un acteur important sur le marché de la création de site web a defrayé la chronique il y a quelques temps. Le sujet a même été traité par Sans aucun doute ! Il proposait (et propose toujours) des packs de plusieurs centaines d’euros par mois comprenant la réalisation de la maquette graphique, l’installation et la configuration de l’application web et l’hébergement, le tout avec un engagement de 24 à 48 mois, ce qui représentait, au final, une boutique en ligne aux alentours de 20 000€. Un peu cher non ?
Des offres comme celle ci, il y en a des centaines, voir des milliers sur Internet, et il faut à tout prix les éviter, mais si elles semblent, économiquement, plus intéressantes que les solutions traditionnelles. Tout d’abord parce qu’elles constituent presque une arnaque et vous couteront, à terme, beaucoup plus cher que de passer par les réseaux classiques des web agency, et ensuite parce qu’en terme d’évolutivité, si vos affaires fonctionnent, vous serez bloqué dans une offre qui ne correspondra plus à vos besoins de bande passante, de trafic…
So ?
Se lancer dans le commerce en ligne nécessite une préparation, tout aussi technique que commerciale. Le choix de votre application web et de votre hébergement sont des décisions importantes qu’il ne faut pas prendre à la légère. C’est finalement un peu comme si vous étiez en train de choisir quel local commercial vous alliez louer : à quel prix ? à quel emplacement ? Quel agencement ?
Si vous décidez de tout réaliser par vous même, assurez vous d’avoir les compétences requises, et si ce n’est pas le cas, formez vous ou laissez un professionnel s’occuper de la réalisation, l’intégration et la configuration de votre boutique.
Dans tous les cas, ne lachez rien et investissez vous intégralement dans le processus de création. Nombreux sont les porteurs de projet qui, par manque d’investissement en terme de temps, se sentent lésés. Une communication bi directionnelle (client <-> prestataire) est notamment d’une importance capitale.
Ha, et la vente de panse de dromadaire n’a probablement pas la côte sur le net, autant que la vente de serviettes éponges en poil de gnou ou de stickers de Johnny Haliday (Hum, quoique), le succès de votre boutique dépend surtout des produits que vous comptez vendre, et à quel prix.
Quelques mots sur l'auteur
Je m'appelle Grégory BABONAUX, je suis concepteur développeur web indépendant en Normandie (Dans un axe plus ou moins approximatif situé entre Caen, Rouen, Evreux et Paris). Plus d'informations me concernant sur mon site : www.gregorybabonaux.fr ou sur mon portfolio : www.behance.net/gregorybabonaux



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